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CERCLE DE CONFUSION, 30 fragments, 2004

La pièce CERCLE DE CONFUSION représente une large vue aérienne de Beyrouth en 1997, sept ans après que la guerre est officiellement terminée. La photographie mesure trois mètres sur quatre. Elle est coupée en 3000 pièces qui sont collées sur un miroir. Chacun des 3000 fragments est numéroté et porte à son revers l’inscription: « Beyrouth n’existe pas » ainsi que le numéro du fragment. Le public est invité à emporter un fragment de son choix. L’image de Beyrouth devient ainsi morcelée et à chaque fois qu’un spectateur en extrait une parcelle, il découvre un peu plus le miroir qui lui renvoie son image. Plus le miroir se découvre, plus il reflète le contexte dans lequel il est exposé. Le Cercle de confusion est l’épilogue d’un projet intitulé « L’archéologie de notre regard ». Les artistes s'interrogent ici sur la façon de représenter la ville après une catastrophe ou une guerre civile. Comment redécouvrir la matérialité et le pouvoir de l’image ? Malgré l’invitation qui est faite au public d’emporter des fragments de Beyrouth, la photographie ne peut jamais disparaître complètement dès lors qu'elle mesure 3 mètres de haut. Au fur et à mesure qu'il emporte des fragments avec lui, le public détruit l’image globale, mais, par le même geste, construit sa propre image de la ville et découvre son reflet dans le miroir. Autrement dit, la réflexion devient partie de l’image qui s'anime de la présence du spectateur. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ont écrit au sujet de cette pièce : « Nous aurions aussi bien pu écrire aux dos des fragments, à la place de " Beyrouth n’existe pas " : " Beyrouth nous fait exister" ».
Donation des artistes
Pour plus de renseignement : http://www.centrephotogeneve.ch/ www.hadjithomasjoreige.com
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